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Découverte de signes cérébraux des expériences de mort imminente grâce à l’étude de la syncope



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©️ IA - Bing

L’étude a été menée avec 22 volontaires sains chez lesquels une perte de conscience transitoire a été induite et surveillée au moyen d’un électroencéphalogramme (EEG) à haute densité (avec 256 capteurs) afin de visualiser les zones d’activation corticales durant un évanouissement. Au réveil, leurs souvenirs ont été évalués par les chercheurs. Plus d’un tiers des volontaires ont fait part de souvenirs qui répondent aux critères d’une expérience de mort imminente (des pensées accélérées, voir des scènes du passé, la sensation d’entrer dans un monde extra-terrestre). Plus globalement, les participants rapportent des visions et hallucinations auditives, un sentiment d’euphorie et l’impression d’avoir l’esprit plus clair pendant la syncope induite au laboratoire.

L’étude a permis d'identifier des signatures électroencéphalographiques (EEG) spécifiques qui prédisent l'intensité des expériences de mort imminente (EMI) chez des volontaires sains. Il y a près de 20 ans, Steven Laureys, neurologue et fondateur du Coma Science Group, a initié les études sur les EMI, désormais dirigées par Charlotte Martial, établissant ainsi les bases de ce domaine de recherche à Liège.

Charlotte Martial, co-premier auteur et post-doctorante au sein du Coma Science Group, précise : «Même s’il convient de faire preuve de prudence dans l’interprétation de ces résultats, cette découverte ouvre de nouvelles perspectives pour comprendre les mécanismes neurobiologiques sous-jacents aux EMI. »

« Lors d’un évanouissement, des expériences oniriques caractérisées par des aspects extraordinaires et mystiques peuvent émerger. Ces expériences, dont certaines peuvent porter la signature d’EMI, semblent être soutenues à l’EEG par des poussées dans des bandes d’activités à fréquence lente » ajoute la co-dernière auteur Vanessa Charland-Verville, qui a assuré l'acquisition des mesures EEG (sous la supervision médicale du réanimateur le Pr Didier Ledoux), analysées par le Pr Andrea Piarulli de l’Université de Pise.

Le Pr Steven Laureys conclut : « Notre étude montre que l'activité EEG enregistrée lors de la perte de conscience peut prédire l'intensité des EMI rapportées par les volontaires après la syncope. Plus précisément, des sursauts d'activité dans les bandes de fréquence delta et thêta ont été identifiés comme des marqueurs des états de conscience déconnectés, caractéristiques des EMI. »

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© Steven Laureys

Les régions du cerveau où se produit l'activité électrique lors d'une syncope sont plus dynamiques et plus riches lors d'une "expérience de mort imminente". L'hypoxie cérébrale induite expérimentalement augmente la complexité de l'activité neuronale, en particulier dans le cortex pariétal droit et le précuneus, une région importante pour la "conscience de soi". Il convient de noter que les psychédéliques et la méditation peuvent également accroître la complexité de l'EEG dans ces régions.

 

Source


EEG signature of near-death-like experiences during syncope-induced periods of unresponsiveness
Martial C. et Piarulli A., Gosseries O., Cassol H., Ledoux D., et Charland-Verville V. Laureys S., NeuroImage, 2024. DOI : https://doi.org/10.1016/j.neuroimage.2024.120759

 

Contacts

Charlotte Martial 

Steven Laureys

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