Anneline Pinson : Exposition précoce aux perturbateurs endocriniens et développement du néocortex



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©️ B.Bouckaert

Anneline Pinson, docteure en Sciences biomédicales et Pharmaceutiques, obtient un mandat de chercheuse qualifiée du F.R.S.-FNRS pour poursuivre ses recherches qui visent à comprendre comment une exposition précoce aux perturbateurs endocriniens (PE) peut altérer le développement du néocortex, une région clé du cerveau pour le développement des fonctions cognitives.

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es études cliniques ont déjà établi un lien entre une exposition précoce aux perturbateurs endocriniens (PE) - des substances exogènes qui perturbent le fonctionnement du système endocrinien - et une altération des fonctions cognitives, mais les mécanismes précis restent mal compris. Ces substances, présentes dans notre quotidien, posent un réel problème de santé publique.

Intitulé "Implication de la GnRH dans les altérations du développement du néocortex induites par une exposition aux perturbateurs endocriniens", le projet d'Anneline Pinson vise à combler cette lacune, en apportant des réponses sur le plan cellulaire et moléculaire. Il met aussi l'accent sur les altérations des projections neuronales entre l'hypothalamus et le néocortex, une voie peu explorée jusqu'à présent.

"Plus précisément, ce projet vise à explorer les effets de ces perturbateurs sur les interactions entre l'hypothalamus, centre de contrôle neuroendocrinien, et le néocortex, explique la chercheuse. l'objectif étant de déterminer les répercussions sur les fonctions cognitives, tout en élucidant les mécanismes moléculaires et cellulaires à l'œuvre."

Récemment, des avancées en neuroendocrinologie ont révélé que les neurones de l'hypothalamus, longtemps étudiés pour leur rôle dans la régulation de la puberté et des fonctions de reproduction, participent aussi au contrôle des fonctions cognitives. Anneline Pinson souhaite ainsi vérifier si les perturbateurs endocriniens modifient l’établissement des réseaux neuronaux entre l’hypothalamus et le néocortex. Cela pourrait ouvrir la voie à une meilleure compréhension des troubles cognitifs liés à ces substances.

"Les résultats de ce projet pourront non seulement éclairer les effets des perturbateurs endocriniens sur le cerveau, mais aussi aider à renforcer les législations existantes, reprend la chercheuses. Actuellement, celles-ci ne protègent pas complètement la population contre ces substances, et mieux comprendre leurs effets sur le cerveau, notamment sur le néocortex, pourrait inciter les instances européennes à adopter des lois plus strictes pour réduire notre exposition."

C’est la prise de conscience de l’importance des perturbateurs endocriniens dans notre société qui a poussé Anneline Pinson à se lancer dans la recherche. Ces substances, auxquelles nous sommes tous exposés quotidiennement, représentent un enjeu majeur de santé publique. À travers ses travaux, Anneline Pinson espère contribuer à la mise en place de solutions concrètes pour protéger notre santé et notre environnement.

A propos d'Anneline Pinson

Anneline Pinson a obtenu un master en Sciences Biomédicales à l'Université de Liège en 2012. Elle a ensuite réalisé sa thèse de doctorat dans le laboratoire du Pr. Anne-Simone Parent, au sein de l’unité de Neuroendocrinologie du GIGA. Ses recherches portaient alors sur les effets des perturbateurs endocriniens persistants - tels que les polychlorobiphényles - sur l’hippocampe, une région cérébrale essentielle à la mémoire.

Durant son doctorat, elle a effectué deux séjours de recherche à Portland, dans le laboratoire du Pr. Gary Westbrook, où elle a appris des techniques spécialisées. Après la défense de sa thèse en 2016, Anneline Pinson a poursuivi sa formation en Allemagne, au sein du laboratoire du Pr. Wieland Huttner à l’Institut Max Planck (MPI-CBG) à Dresde. Là, elle s'est intéressée au développement du néocortex, la plus grande région du cerveau humain. En 2023, elle revient en Belgique et réintégre le laboratoire du Pr. Anne-Simone Parent.

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