FOCUS

Octobre rose : le point sur la recherche contre le cancer du sein au GIGA



imgActu
©️ Laurent Fournier

Le cancer du sein est le cancer le plus fréquent chez la femme. Les dernières statistiques parlent d’une femme sur 9 qui y serait confrontée au cours de sa vie. Cette maladie résulte d’une prolifération anarchique de cellules mammaires, qui peuvent rester localisées ou se propager à d’autres organes sous forme de métastases. Grâce à la recherche, les traitements sont aujourd’hui de plus en plus personnalisés, combinant chirurgie, radiothérapie, hormonothérapie, chimiothérapie et thérapies ciblées selon le type et le stade du cancer.

À Liège, la recherche contre le cancer du sein est active au GIGA et au CHU

Dans le cadre d’"octobre rose", il est important de mettre en lumière les efforts scientifiques qui contribuent à faire reculer le cancer du sein. Les équipes du GIGA mènent des recherches de pointe pour mieux comprendre les mécanismes de cette maladie et pouvoir développer de nouvelles approches thérapeutiques.

Ces recherches, menées en étroite collaboration entre chercheurs, cliniciens du CHU (notamment le service d'oncologie) et bioinformaticiens, visent à offrir aux patientes des solutions personnalisées, plus efficaces et mieux tolérées. Elles s’inscrivent dans une dynamique de recherche translationnelle, où les découvertes en laboratoire se font sur base des observations cliniques et où les nouvelles découvertes sont rapidement intégrées à la pratique clinique.

Décrypter les mécanismes génétiques du cancer

Pierre Foidart, en collaboration avec Pierre Close (Laboratoire de Signalisation des Cancers), s’intéresse à un phénomène observé dans environ la moitié des cancers du sein : le doublement du génome des cellules cancéreuses. Ce changement, fréquent dans les formes triple-négatives, semble leur permettre d’échapper au système immunitaire. Les chercheurs analysent comment cette altération influence la production de protéines et confère un avantage de prolifération aux cellules tumorales.

Cibler les formes les plus agressives

L’équipe d’Alain Chariot (Laboratoire de Chimie Médicale) se penche sur les tumeurs mammaires dites triplement négatives, connues pour leur agressivité et leur capacité à former des métastases. Les chercheurs tentent d’identifier les molécules impliquées dans ce processus, notamment celles qui permettent aux cellules cancéreuses de changer de forme pour se déplacer plus facilement dans l’organisme. Cette recherche pourrait déboucher sur de nouvelles pistes thérapeutiques pour empêcher la dissémination du cancer.

Surmonter la résistance aux traitements

L’équipe de Nor Eddine Sounni (Laboratoire de Biologie des Tumeurs et Développement) explore les mécanismes de résistance aux traitements dans différents types de cancer du sein. Elle a récemment mis en lumière le rôle de la ferroptose, une forme de mort cellulaire déclenchée par des lipides oxydés. Les cancers hormonodépendants résistants présentent des caractéristiques qui les rendent sensibles à cette voie, ouvrant des perspectives prometteuses pour surmonter la résistance aux thérapies classiques.

Comprendre la réponse immunitaire

L’équipe de Claire Josse (Laboratoire de Génétique Humaine) étudie la réponse des patientes atteintes de cancer du sein aux immunothérapies. Certaines montrent une augmentation du nombre d’éosinophiles, des globules blancs habituellement associés aux allergies. Son équipe cherche à comprendre si ces cellules pourraient être liées à l’efficacité des immunothérapies, et ainsi devenir un marqueur de réponse ou une cible thérapeutique.

Anticiper la formation des métastases

Agnès Noël (Laboratoire de Biologie des Tumeurs et Développement) et son équipe s’intéressent à la manière dont les cellules cancéreuses du sein préparent à distance certains organes à recevoir des métastases. Avant même de quitter la tumeur, elles envoient des signaux qui modifient les tissus sains, notamment dans les poumons ou les ganglions lymphatiques. Le but est de décrypter ce dialogue invisible entre la tumeur et le reste du corps, dans l’espoir de freiner la propagation du cancer.

Étudier la niche pré-métastatique

Le projet mené par l’équipe d’Ingrid Struman (Laboratoire d’Angiogenèse Moléculaire) se concentre sur le cancer du sein métastatique. Les chercheurs étudient la formation d’un environnement favorable à l’arrivée des métastases, appelé niche pré-métastatique. Leur travail porte sur le rôle des exosomes, de petites vésicules libérées par la tumeur, qui semblent préparer les tissus à accueillir les cellules cancéreuses.

Comprendre les risques liés aux traitements hormonaux

Christel Pequeux (Laboratoire de Biologie des Tumeurs et Développement) et son équipe étudient les effets moléculaires des traitements de la ménopause, souvent redoutés pour leur lien potentiel avec le cancer du sein. Leur objectif est d’évaluer l’impact de ces traitements sur les tissus sensibles comme la glande mammaire et l’endomètre, afin de développer des solutions thérapeutiques plus sûres, qui améliorent la qualité de vie sans augmenter les risques.

Contrôler le métabolisme pour réactiver l’immunité anti-tumorale

L’équipe d’Akeila Bellahcène (Laboratoire de Recherche sur les Métastases) mène des travaux sur le stress de glycation induit par le méthylglyoxal, un sous-produit de la glycolyse, dans le contexte du cancer du sein triple négatif. Récemment, ce composé a été impliqué dans l’induction d’un microenvironnement tumoral immunosuppresseur. Ces travaux suggèrent que le blocage du stress de glycation pourrait constituer une stratégie innovante pour resensibiliser les tumeurs mammaires à l’immunothérapie.

 

Envie de soutenir la recherche au GIGA ?

N'hésitez pas à faire un don à la Fondation Léon Fredericq, la fondation hospitalo-universitaire à Liège

Soutenir la recherche

Publié le

Partagez cette news

cookieImage