Publication dans Nature Communications

Quand la lumière influence l’humeur : l’amygdale au cœur de la saisonnalité



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©️ GIGA

La lumière est bien plus qu’un simple vecteur de vision. Depuis plusieurs décennies, les chercheurs savent qu’elle exerce des « effets non-visuels » sur notre organisme : synchronisation de l’horloge biologique, régulation de la mélatonine, modulation de l’humeur et stimulation de l’attention. Ces effets reposent sur des photorécepteurs spécifiques de la rétine, sensibles à la lumière bleue grâce à un pigment appelé mélanopsine.

Pourtant, les mécanismes cérébraux qui traduisent ces signaux lumineux en réponses émotionnelles restent largement méconnus. C’est précisément ce que l’équipe de Gilles Vandewalle, chercheur au Laboratoire du Sommeil et Santé (GIGA Neuroscience), a exploré : « Nous voulions comprendre si l’impact de la lumière sur l’humeur pouvait s’expliquer par l’activité de certaines parties de l’amygdale, une structure centrale dans le traitement des émotions », explique-t-il.

Grâce à l’imagerie par résonance magnétique 7 Tesla, les chercheurs ont pu analyser les noyaux de l’amygdale. Vingt-neuf volontaires (hommes et femmes) ont été exposés à des lumières de différentes intensités tout en écoutant des sons émotionnels ou neutres. Les résultats montrent que l’activité de certains noyaux médians et supérieurs de l’amygdale varie avec les saisons et la photopériode. « Nous avons observé un impact maximal de la lumière au début de l’été, autour du solstice », précise Gilles Vandewalle.

Ces découvertes confirment que l’humain présente une saisonnalité, et que la lumière joue un rôle déterminant dans ce phénomène. Cette saisonnalité pourrait agir sur l’humeur en impliquant certaines parties de l’amygdale.

Ces travaux ouvrent des perspectives thérapeutiques : « Comprendre ces mécanismes nous aide à mieux expliquer pourquoi la luminothérapie est efficace contre certains troubles de l’humeur, comme pour la dépression saisonnière et d’autre type de dépressions », souligne le chercheur.

En d’autres termes, la lumière ne se contente pas de rythmer nos journées : elle dialogue avec notre cerveau, influençant subtilement nos émotions. Une interaction qui pourrait éclairer de nouvelles pistes pour la santé mentale.

Référence

Regional activity within the human amygdala varies with season, mood and illuminance

Islay Campbell*, Jose Fermin Balda Aizpurua*, Roya Sharifpour, Ilenia Paparella, Elise Beckers, Nasrin Mortazavi, John Read, Christophe Phillips, Fabienne Collette, Puneet Talwar, Laurent Lamalle, Mikhail Zubkov, Gilles Vandewalle

GIGA-CRC-Human Imaging, University of Liège, Liège, 4000 Belgium

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Gilles Vandewalle

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