Publication dans Journal of Thoracic Oncology

Altérations non-V600 de BRAF : mieux comprendre un défi clinique dans le cancer du poumon



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Les mutations du gène BRAF sont retrouvées chez environ 3 à 8 % des patients atteints d’adénocarcinome pulmonaire. Contrairement au mélanome, où la majorité des mutations BRAF affectent le codon V600 (classe I), seulement environ 35 % des mutations observées dans les cancers pulmonaires concernent ce codon. Les 60 à 70 % restants correspondent à des altérations dites non-V600, localisées principalement dans les exons 11 et 15 et réparties en deux classes moléculaires distinctes (classes II et III), selon leur activité kinase et leur dépendance à l’activation de RAS.

Ces altérations non-V600 constituent aujourd’hui un enjeu clinique majeur, car elles sont associées à un pronostic plus défavorable que les mutations V600. En cause : le manque de stratégies thérapeutiques ciblées efficaces. Alors que les inhibiteurs conjugués de BRAF et MEK ont démontré un bénéfice clinique chez les patients porteurs de mutations V600, il n’existe actuellement aucun consensus thérapeutique pour les altérations de classe II/III ou pour d’autres formes de modifications de BRAF, telles que les fusions, délétions ou amplifications.

« Les altérations non-V600 de BRAF restent largement sous-étudiées, alors qu’elles concernent la majorité des patients atteints de cancer pulmonaire porteurs d’une mutation BRAF. Il est essentiel de mieux comprendre leur biologie pour développer des approches thérapeutiques adaptées », souligne Marie-Julie Nokin, à la tête du groupe "Resistance and vulnerabilities in lung cance du LBTD".

Cette revue propose une synthèse approfondie des connaissances actuelles sur la biologie, l’épidémiologie, les stratégies thérapeutiques émergentes et les défis cliniques associés aux altérations BRAF non-V600 dans les cancers pulmonaires. Elle met en lumière la grande hétérogénéité de ces altérations et la nécessité d’approches personnalisées pour améliorer la prise en charge des patients.

Dans cette perspective, la caractérisation des mécanismes biologiques sous-jacents aux mutations non-V600, ainsi que l’identification de traitements efficaces pour les patients concernés, constituent l’un des projets phares du consortium européen BOLERO. Ce consortium rassemble chercheurs et cliniciens partageant un intérêt commun pour la recherche translationnelle et le développement de stratégies thérapeutiques innovantes visant à améliorer le pronostic des patients atteints de cancer pulmonaire porteurs d’altérations de BRAF.

« Cette revue reflète l’importance de collaborations étroites entre chercheurs fondamentaux et cliniciens. C’est à cette interface que peuvent émerger de nouvelles pistes thérapeutiques pour des patients qui disposent aujourd’hui de peu d’options ciblées », ajoute Laurine Dupriez, doctorante et co-première auteure du papier.

Ce projet de recherche est mené avec le soutien du FNRS, du Télévie, de l’ULiège et de la Fondation Léon Fredericq.

Référence

Biology and Clinical Management of Non-V600 BRAF Alterations in NSCLC.

Ortiz-Cuaran S, Dupriez L, Nicq C, Lindsay CR, Mazieres J, Santamaría D, Ambrogio C, Calvayrac O, Teixido C, Friboulet L, Novello S, Tabbò F, Swalduz A, Nadal E, Planchard D, Mezquita L, Nokin MJ; BOLERO Consortium.
J Thorac Oncol. 2026 Jan 19:103531. doi: 10.1016/j.jtho.2025.12.001. Online ahead of print.

Contacts

Marie-Julie Nokin

Laurine Dupriez

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