Des signaux métaboliques guident la formation des macrophages pulmonaires
Une étude publiée dans la revue The Journal of Experimental Medicine révèle comment des monocytes circulants détectent des signaux métaboliques issus du tissu pulmonaire pour guider leur différenciation en macrophages. Les travaux ont été dirigés par Tim Willinger (Karolinska Institute), Bart Lambrecht (VIB-UGent Center for Inflammation Research) et Thomas Marichal (GIGA Institute et WEL Research Institute), dans le cadre d’une collaboration internationale étudiant le développement des cellules immunitaires dans le poumon.
Les macrophages sont des cellules immunitaires essentielles qui résident dans les tissus et contribuent au maintien de la santé des organes. Dans le poumon, ils occupent des niches spécialisées au niveau du tissu interstitiel et des alvéoles, où ils régulent l’inflammation et participent à la défense contre les infections. Lorsque ces macrophages résidents disparaissent, par exemple lors d’une lésion ou d’une maladie, des monocytes circulants sont recrutés depuis le sang et doivent se différencier localement afin de reconstituer la population de macrophages. Les signaux qui orchestrent ce processus restaient toutefois mal compris.
Les chercheurs ont découvert que les monocytes utilisent le récepteur GPR183 pour détecter des signaux métaboliques présents dans le microenvironnement pulmonaire, leur permettant de localiser les niches macrophagiques et de se différencier correctement. L’équipe a montré que les fibroblastes pulmonaires produisent des oxystérols — des métabolites dérivés du cholestérol — qui agissent comme des signaux instructifs pour les monocytes recrutés. Ces métabolites activent le récepteur GPR183, positionnant les monocytes à proximité des fibroblastes et favorisant leur différenciation en macrophages pulmonaires.
À l’aide de modèles murins avancés, de séquençage d’ARN à cellule unique et d’approches d’imagerie, les chercheurs ont montré que GPR183 est exprimé par les monocytes et les macrophages en cours de différenciation lors du repeuplement des niches macrophagiques pulmonaires. Une fois les macrophages pleinement établis dans le tissu, l’expression du récepteur diminue, indiquant que GPR183 agit principalement durant la phase de différenciation.
« Nos résultats montrent que des signaux métaboliques produits dans le tissu pulmonaire guident les monocytes vers les niches macrophagiques et orientent leur différenciation », explique Thomas Marichal. « Comprendre comment ces signaux locaux façonnent le développement des cellules immunitaires pourrait ouvrir de nouvelles stratégies pour moduler les réponses des macrophages dans les maladies pulmonaires. »
Les chercheurs ont également observé que les monocytes des voies aériennes humaines expriment GPR183, suggérant que ce mécanisme pourrait être conservé chez l’humain. Comme GPR183 appartient à la famille des récepteurs couplés aux protéines G, une classe de protéines fréquemment ciblée par des medicaments, cette voie pourrait constituer une cible thérapeutique prometteuse pour réguler les réponses des macrophages dans les maladies pulmonaires.
Thomas Marichal est affilié au WEL Research Institute, le projet a bénéficié de financements du European Research Council et du Baillet Latour Fund.
Référence
Sensing of metabolic signals via GPR183 promotes occupation of lung macrophage niches by monocytes.
Bub L, Evren E, Verwaerde S, Ruscitti C, Vanneste D, Ghosh P, Gao Y, Sleiers N, Deng R, López Montes M, Howley K, La Rocca R, Niehrs A, Glaros V, Reina-Campos M, Dahlen B, Smed-Sörensen A, Lund H, Kreslavsky T, Björkström NK, Reboldi A, Bossios A, Marichal T, Lambrecht BN, Willinger T. J Exp Med. 2026 Apr 6;223(4):e20252667. doi: 10.1084/jem.20252667. Epub 2026 Mar 3. PMID: 41774079 Free PMC article.
