Catherine Sabatel et Norma Kühn, nouvelles chercheuses qualifiées FRS-FNRS
Félicitations à Catherine Sabatel et Norma Kühn qui obtiennent chacune un mandat de chercheuse qualifiée du FNRS !
Catherine Sabatel
Son projet
Nos poumons sont constamment exposés à des molécules étrangères (allergènes) ainsi qu’à des signaux de danger (par exemple, le lipopolysaccharide, un composé de la paroi bactérienne) présents dans l’air ambiant. Selon les théories immunologiques, nous devrions tous développer une réponse immunitaire, telle qu’une allergie respiratoire, face à ces allergènes. Heureusement, ce n’est pas le cas, ce qui témoigne de l’existence de mécanismes régulateurs, appelés freins immunitaires, qui empêchent le développement de telles réponses et permettent le maintien de l’homéostasie pulmonaire. Parmi ces freins immunitaires, notre laboratoire a découvert en 2009, dans le tissu pulmonaire, une population de macrophages régulateurs (Mregs) caractérisés par leur capacité à produire spontanément de grandes quantités d’une cytokine immunosuppressive, l’interleukine (IL)-10, contribuant ainsi au maintien de l’homéostasie pulmonaire. Mes recherches portent sur ces cellules et leur rôle dans les maladies pulmonaires inflammatoires sévères.
La bronchopneumopathie chronique obstructive (BPCO) et les infections respiratoires aiguës telles que la grippe ou le SARS-CoV-2, qui entraînent une inflammation incontrôlée, ne disposent d’aucun traitement curatif et figurent parmi les principales causes de mortalité. Au vu de la littérature et de résultats préliminaires, je pense que les Mregs jouent un rôle essentiel dans la prévention de ces pathologies inflammatoires pulmonaires, aiguës comme chroniques.
Mes travaux viseront donc à mieux comprendre la fonction des Mregs dans ces maladies, étape indispensable à l’évaluation de leur potentiel thérapeutique. Dans ce projet, nous générerons des souris transgéniques permettant de déterminer le rôle des Mregs pulmonaires dans des modèles précliniques de BPCO et d’inflammations sévères induites par des infections virales. Ces résultats devraient, à terme, ouvrir la voie à de nouvelles stratégies thérapeutiques, telles que le transfert de Mregs autologues générés ex vivo, afin d’évaluer leur efficacité dans le contrôle des maladies inflammatoires respiratoires graves. Nous chercherons également à identifier des composés pharmacologiques capables de stimuler les Mregs et leur fonction régulatrice.
A propos d'elle
Titulaire d’un Master en biochimie, biologie moléculaire et cellulaire de la Faculté des Sciences, Catherine a effectué un doctorat au sein du laboratoire d’Immunologie Cellulaire et Moléculaire du centre de recherche GIGA-Immunobiology de la Faculté de Médecine Vétérinaire. Au cours de son doctorat, elle a démontré l’importance des Mregs, induits par l’exposition à de l’ADN bactérien, dans la prévention du développement de l’asthme allergique, apportant ainsi une explication mécanistique à la théorie de l’hygiène. Elle a ensuite effectué un séjour postdoctoral de deux ans à l’Université de Lausanne, au sein du département d’oncologie. De retour au GIGA en 2020, Catherine a poursuivi mes travaux sur les Mregs, ce qui lui a permis d’identifier un facteur de transcription clé impliqué dans leur fonction régulatrice.
Norma Kühn
Son projet
Félicitations également à :
- Athéna Demertzi et Michaël Herfs qui passent Maitres de Recherche
- Christophe Desmet et Nor Eddine Sounni qui deviennent Directeurs de Recherche
