"Life after GIGA" #2 Juliette Godin
Oct 2021
Juliette est actuellement chercheuse à l’INSERM (Institut National de la Santé et la Recherche Médicale) et cheffe d’équipe à l’IGBMC (Institut de Génétique et de Biologie Moléculaire et Cellulaire) à Strasbourg, en France. Elle dirige un laboratoire qui s’intéresse aux mécanismes qui régulent le développement du cerveau, un intérêt hérité de son postdoc effectué au GIGA dans l’équipe de Laurent Nguyen entre 2010 et 2016.
Juliette est la deuxième personne qui nous raconte sa "vie après le GIGA" dans cette nouvelle série que vous retrouverez un vendredi sur 2 sur notre page facebook ou notre compte instagram. Le but de ces portraits est de prendre des nouvelles des "anciens" mais aussi de montrer la diversité des parcours après un passage au GIGA. Vous pourrez lire l'interview de personnes travaillant désormais à l'étranger (de manière temporaire ou définitive), de personnes travaillant dans d'autres universités ou dans le privé. Merci Juliette de t'être prêtée au jeu de cette interview !
Bonjour Juliette ! Peux-tu te présenter et nous expliquer ta fonction actuelle ?
Je m’appelle Juliette Godin, je suis chercheuse à l’INSERM (Institut National de la Santé et la Recherche Médicale) et cheffe d’équipe à l’IGBMC (Institut de Génétique et de Biologie Moléculaire et Cellulaire) à Strasbourg en France. Mon laboratoire s’intéresse aux mécanismes qui régulent le développement du cerveau. Cet intérêt est un héritage de mon postdoc que j’ai effectué au GIGA dans l’équipe de Laurent Nguyen. J’ai construit la thématique de mon équipe sur mon expertise acquise à la fois au cours de ma thèse et de mon postdoctorat. Aussi les premiers projets de mon laboratoire se sont concentrés sur le rôle du cytosquelette (genre de rails qui définissent la structure de la cellules) et du transport le long de ces structures au cours du développement du cortex cérébral chez la souris. Désormais, nous développons un autre thématique, idée également issue de mes travaux de postdoc et selon laquelle la régulation de la traduction protéique est tout aussi importante que la transcription pour contrôler l’expression des gènes au cours du développement cérébral.
Quel a été ton parcours jusque là ?
J’ai obtenu un diplôme d’ingénieur en biochimie et biotechnologie à l’INSA de Lyon (France) en 2004. Ensuite, motivée par la recherche et plusieurs expériences en laboratoire, dont une marquante aux Etats-Unis, j’ai réalisé un master en biologie cellulaire et développement. C’est alors que j’ai rejoint l’équipe de Sandrine Humbert à l’Institut Curie pour travailler sur le transport intracellulaire dans le contexte d’une maladie neurodégénérative, la maladie de Huntington, thématique à laquelle j’ai ensuite consacré mon travail de thèse. La recherche étant faite d’opportunité, j’ai eu la possibilité, en fin de thèse, de participer à la genèse d’un nouvel axe de recherche dans mon laboratoire d’accueil et d’explorer le rôle de la Huntingtine, la protéine mutée dans la maladie de Huntington, dans le développement du cerveau. Est alors né un véritable intérêt pour le neurodéveloppement ! Très attirée par ce domaine et motivée par me former dans un laboratoire expert, j’ai choisi de rejoindre le laboratoire de Laurent Nguyen au GIGA. Cette expérience au GIGA m’a permis non seulement de consolider mes connaissances et mon expertise dans le domaine mais également de m’exercer au management de projet et à l’encadrement, autant d’expertises qui me sont aujourd’hui indispensables. Forte de cette expérience et très encourager par mes mentors, j’ai postulé à des programmes « jeune chercheur » dont la vocation est de permettre à des chercheurs de monter leur équipe de recherche. Mon projet a été sélectionné et l’aventure a continué à Strasbourg à l’IGBMC où je suis depuis 2015.
Ton travail actuel est-il dans la continuité de ce que tu as fait au GIGA ?
Oui tout à fait même si je n’ai pas démarré mon labo sur des projets que j’avais initiés en postdoc. J’ai plutôt combiné mes expertises et essayé d’en faire MA niche, MA thématique. Je poursuis mon travail sur le développement cortical, je continue à travail sur le modèle souris et applique les méthodes que j’utilisais en postdoc.
Qu’aimes-tu particulièrement dans ta fonction actuelle ?
Beaucoup de choses, la liberté de choisir mes projets, la liberté de choisir les gens avec qui je travaille, la transmission des connaissances aux plus jeunes en particulier mais également à tous mes collaborateurs. Faire un métier passion, c’est une chance énorme !
En quoi ton expérience au GIGA t’est-elle utile aujourd’hui ?
La recherche est faite de rencontres ! Au GIGA, j’ai rencontré un de mes mentors ! J’ai gagné en maturité scientifique auprès de Laurent et de toute l’équipe. Laurent a vraiment joué un rôle décisif dans ma carrière en me faisant confiance, me donnant des responsabilités et des conseils. J’ai appris petit à petit à devenir une « vraie » chercheuse avec toutes les tâches que ça implique, expériences, gestion de projet, gestion des ressources humaines, encadrement, écriture de grants et de papiers, communication scientifique et entretien du réseau scientifique. Grâce à tout cela, j’ai pu prendre mon poste de cheffe d’équipe avec une bonne idée de ce que ça représentait et je me sentais assez prête, même si la vie de chercheur réserve toujours des surprises !
Que gardes-tu comme souvenirs du GIGA ?
De très bons souvenirs ! Si la vie (personnelle) n’en avait pas décidé autrement, je serais peut-être toujours au GIGA. Toutes les conditions étaient réunies pour faire de la bonne science : un bon environnement scientifique, des plateformes à l’écoute, des moyens humains et financiers et une super ambiance de travail (et d’after work)!
Comment te vois-tu évoluer dans les prochaines années ?
La question la plus difficile ! A la fin de ma thèse, je ne me voyais pas cheffe d’équipe ! Il ne faut jamais dire jamais, on évolue, on apprend et on change d’avis !! Alors qui sait, dans 10 ans, je ferai peut-être quelque chose de très diffèrent mais j’en doute ! Je me destine à la recherche depuis toujours, je pense donc que je graviterai encore quelques années dans le domaine de la recherche en neurodéveloppement. De nouveaux challenges ? Sûrement ! Lesquels ? Je ne sais pas ! La vie est faite d’opportunités… jusqu’ici, j’ai suivi ces opportunités et ça m’a porté chance ! Je vais continuer sur cette lancée, on verra où ça me mène ! Rendez-vous dans 10 ans !
Vous avez aimé cette interview? Retrouvez un nouveau portrait un vendredi sur 2 ! Je vous donne donc rendez-vous vendredi 15 octobre pour le portrait #3 et nous resterons en Belgique cette fois mais je vous laisse la surprise du prochain invité.
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