Life after GIGA #12 Marie Toussaint

Mars 2022


Comment passe-t'on de vétérinaire à directrice au sein du département préclinique chez GSK ? C'est ce que Marie Toussaint va nous raconter. Après des études en médecine vétérinaire, Marie a envie d'élargir ses compétences. Elle débute une thèse en fac vété, avant de se réorienter progressivement dans le labo de Fabrice Bureau, au GIGA, passionnée par l'immunologie des muqueuses. Avide de nouvelles aventures, elle part ensuite en postdoc durant 4 ans à l'Imperial College of London. Elle rentre ensuite en Belgique avec la volonté de travailler dans le secteur pharmaceutique. Depuis 5 ans, Marie travaille chez GSK où elle gère le portefeuille de vaccins thérapeutiques mais aussi les nouveaux projets de vaccins qui ciblent des infections de la peau et des muqueuses.

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Life after GIGA", une nouvelle série que vous retrouverez un vendredi sur 2 sur notre page facebook ou notre compte instagram. Le but de ces portraits est de prendre des nouvelles des "anciens" mais aussi de montrer la diversité des parcours après un passage au GIGA. Vous pourrez lire l'interview de personnes travaillant désormais à l'étranger (de manière temporaire ou définitive), de personnes travaillant dans d'autres universités ou dans le privé. Aujourd'hui, c'est au tour de Marie Toussaint de témoigner de sa "vie après le GIGA"... Marie travaille chez GSK et va vous expliquer son parcours et sa passionnante rencontre avec l'immunologie. Merci Marie pour ton témoignage !

Salut Marie, peux-tu te présenter et expliquer ta fonction actuelle ?

Je m’appelle Marie Toussaint, j’ai bientôt quarante ans et je travaille depuis 5 ans chez GSK vaccin. Actuellement, je suis directrice au sein du département préclinique de la R&D et je m’occupe principalement pour GSK du discovery. En d’autres termes, je gère le portefeuille de vaccins thérapeutiques mais aussi les nouveaux projets vaccins qui ciblent des infections de la peau et des muqueuses. Le rôle de mon équipe est de définir et d’exécuter la stratégie scientifique de chaque projet afin de rapidement dé-risquer nos candidats vaccins et convaincre les autorités régulatoires des différents pays que notre produit est sans danger et capable d’induire les réponses immunitaires souhaitées. C’est une des étapes critiques du développement d’un vaccin qui est hyper captivante car nous avons à ce stade pas mal de libertés scientifiques pour être très innovant dans notre manière de construire et de valider nos prototypes vaccinaux. Ce n’est que lorsque cette première phase préclinique s’est déroulée avec succès que le candidat vaccin peut être testé en clinique chez l’Homme.

A travers mon rôle, j’ai l’immense chance de travailler au jour le jour avec une équipe, d’une petite trentaine de scientifiques et techniciens, tous très motivés de contribuer à l’amélioration de la santé humaine.

Quel est ton parcours professionnel ?

Après mes études de Médecine Vétérinaire à l’Université de liège, j’ai poursuivi ma formation par une spécialisation d’une année en Médecine sportive équine. Après cette formation, j’ai eu envie d’élargir mes compétences. Grâce aux conseils avisés du Professeur Pierre Lekeux, j’ai rédigé un projet de recherche en Médecine équine afin de décrocher une bourse de Doctorat de 4 ans. Une fois la bourse en poche, mon premier projet scientifique a été d’étudier les mécanismes immunitaires responsables du déclanchement de l’obstruction récurrente des voies respiratoires du cheval.

Au cours de cette première année de recherche, j’ai eu la chance de côtoyer Fabrice Bureau et de travailler occasionnellement dans son laboratoire au GIGA pour y effectuer plusieurs expériences in-vitro. Après plusieurs contacts avec son équipe et de nombreuses discussions avec Fabrice, j’ai pris la décision, en accord avec Pierre Lekeux, de réorienter progressivement mon projet de recherches pour élargir et approfondir mes compétences scientifiques dans le domaine de l’immunologie des muqueuses. A cette époque, ce domaine de recherche me passionnait déjà beaucoup. Une fois cette décision prise, j’ai établi définitivement mes quartiers au sein du laboratoire de Fabrice pour une durée de 3 ans.

Durant cette période, j’ai donc eu l’immense chance de bénéficier de l’environnement multiculturel et pluridisciplinaire du GIGA où le partage des connaissances et ressources font partie intégrante de la stratégie du groupe. Avoir accès à la pointe des technologies et côtoyer quotidiennement des scientifiques de tous horizons m’a permis d’être dans d’excellentes conditions pour me développer et faire avancer au mieux mon programme de recherche. Aucun doute que les conditions étaient réunies pour me permettre de terminer mon PhD dans d’excellentes conditions. 

Malgré des jours plus difficiles que d’autres, l’envie mille fois de baisser les bras, les remises en question, je garde un excellent souvenir de mon passage au GIGA. En effet, j’aimerais insister sur le fait que ces 4 années ont été le début d’une fabuleuse expérience humaine. J’ai eu l’opportunité de rencontrer des personnes formidables et de nouer des liens solides et durables. Je pense sincèrement que sans cette rencontre avec Fabrice, sans le temps qu’il a consacré pour me développer, je n’en serai pas arrivée là où je suis maintenant.

Une fois mon PhD en poche, j’ai donc décidé de partir à l’étranger faire un postdoc afin de vivre une nouvelle aventure et de continuer à développer mes compétences dans le domaine de l’immunologie des muqueuses. J’ai ainsi intégré le laboratoire du Professeur Sebastian Johnston (Merci à Renaud Louis pour le premier contact) situé au sein de l’Imperial College of London pour une période initiale de 2 ans qui s’est finalement prolongée sur 4 ans tant le travail était passionnant. Là encore, je n’ai pas de mots assez forts pour décrire, sur le plan humain, cette incroyable expérience qui a forgé définitivement la personne que je suis devenue aujourd’hui. D’un point de vue professionnel, cette étape a été déterminante pour la suite de ma carrière et je ne remercierai jamais assez Sebastian pour la confiance et la liberté octroyées tout au long de mon séjour au sein de son laboratoire. Malgré un travail épanouissant à Londres, étant quelqu’un de curieux, avide de nouvelles expériences et nouveaux challenges,  j’ai pris la décision de quitter Londres pour tenter ma chance dans le secteur pharmaceutique.

C’est là que j’ai d’abord rejoint une petite biotech belge pour ensuite rapidement être engagée par GSK en tant qu’Expert Scientist dans le département préclinique pour travailler sur des projets thérapeutiques ciblant des infections des muqueuses. Très rapidement je me suis familiarisée avec ce nouvel environnement très challengeant et compris que ma décision de partir dans le secteur pharmaceutique avait été le bon choix. Pour la première fois, j’étais dans une situation où concrètement, l’impact de mes actions dans le domaine de la santé humaine pouvaient être perceptibles et palpables. Cela m’a permis de vraiment donner du sens à ce que je fais, cela me donne également une énergie incroyable et l’envie de partir travailler chaque matin avec beaucoup d’enthousiasme.

Depuis mon arrivée chez GSK, j’ai eu la chance de me développer et de grandir au sein du département préclinique en endossant différentes fonctions. Pour moi, le plus important n’est pas de gravir les échelons le plus rapidement possible mais de venir, chaque jour, travailler avec le sourire et l’envie de transmettre et d’apprendre. Si ces conditions sont réunies, je pense que l’on peut tendre vers un épanouissement professionnel sur le long terme.  

En quoi ton expérience au GIGA t’est-elle utile aujourd'hui ?

Tout d’abord, je pense que cette formation au GIGA m’a avant tout permis d’acquérir un socle de compétences scientifiques solides dans le domaine de l’immunologie fondamentale. Ces compétences de bases m’ont ensuite aidé, au travers de mes expériences professionnelles, à acquérir une certaine crédibilité scientifique aux yeux de pairs. Cette crédibilité m’a permis d’accéder aux responsabilités scientifiques actuelles.

Ensuite, j’ai appris à travailler en équipe et j’ai été exposée pour la première fois à un environnement professionnel multiculturel. Être capable de travailler en équipe et ce, dans un milieu interculturel, représente une richesse inestimable pour les entreprises et est un MUST à acquérir pour les jeunes scientifiques de demain.

Finalement, comme chaque étudiant en thèse, j’ai dû apprendre le mot résilience et patience, j’ai dû accepter d’être challengée et accepter de recevoir des feedbacks. J’ai également dû développer une aptitude tournée vers l’identification de solutions lors d’échecs et dû développer mon argumentaire pour convaincre et faire passer un message. L’ensemble de ces compétences humaines/relationnelles m’ont beaucoup aidé dans la progression dans ma carrière et dans l’évolution de mes équipes.

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Marie et son équipe chez GSK
 
 

Vous avez aimé cette interview? Retrouvez un nouveau portrait un vendredi sur 2 ! Je vous donne donc rendez-vous vendredi 18 mars pour le portrait #13 !
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Episode #4 : Adeline Deward
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Episode #7 : David Bergemann
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Episode #11 : Nicolas Caron

modifié le 17/07/2024

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