Life after GIGA #13 Nicolas Bovy

mars 2022


Depuis 3 ans, Nicolas Bovy est project leader chez Imcyse pour le diabète de type I. Il y coordonne toutes les activités liées au développement de leur produit. Nicolas a effectué sa thèse dans le laboratoire d'Ingrid Struman, sur un projet de microARN circulants, sujet assez novateur à l'époque. Il travaille ensuite au CER groupe puis pour la société ASIT biotech avant de rejoindre Imcyse. Son parcours professionnel varié montre qu'il est possible de changer de thématique après une thèse, l'important étant le bagage scientifique acquis. Comme il le dit très bien, "les compétences et la mentalité que l’on développe durant une thèse restent selon moi des vrais atouts pour le reste de notre carrière, quelle qu’elle soit". 

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Life after GIGA", une nouvelle série que vous retrouverez un vendredi sur 2 sur notre page facebook ou notre compte instagram. Le but de ces portraits est de prendre des nouvelles des "anciens" mais aussi de montrer la diversité des parcours après un passage au GIGA. Vous pourrez lire l'interview de personnes travaillant désormais à l'étranger (de manière temporaire ou définitive), de personnes travaillant dans d'autres universités ou dans le privé. Cette semaine, nous allons à la rencontre de Nicolas Bovy, projet leader chez Imcyse pour le diabète de type 1. Merci Nicolas de t'être prêté au jeu de nos questions !

Salut Nico, première question habituelle, peux-tu te présenter et expliquer ta fonction actuelle ?

Je m’appelle Nicolas Bovy, j’ai 34 ans et je travaille depuis 3 ans chez Imcyse, une biotech spécialisée dans le développement de nouveaux traitements ciblés contre les maladies auto-immunes. En tant que project leader pour le diabète de type 1, je coordonne toutes les activités liées au développement de notre produit pour tenter de traiter les patients atteints de cette maladie. C’est un poste super intéressant car je participe à toutes les étapes nécessaires pour que notre produit soit un jour commercialisé. Cela comprend notamment les discussions scientifiques pour élaborer les produits, la planifications des expériences, les interactions avec les autorités réglementaires, les réflexions stratégiques mais aussi des aspects plus administratifs comme la gestion des budgets, des demandes de financements ainsi que les rapports associés, la planification et la coordinations des différentes activités pour rencontrer les objectifs de la société. Le projet étant au stade clinique, je participe aussi activement à la gestion des études cliniques pour le développement de notre produit. Cela comprend notamment la sélection des sous-traitants et des centres cliniques, la mise en place de l’étude, son exécution et sa clôture une fois que le suivi des participants est terminé. 

Quel a été ton parcours jusque là ?

Après mon master en biochimie, biologie moléculaire et cellulaire, j’ai entamé un doctorat dans la laboratoire du Professeur Martial, plus précisément dans l’unité de recherche d’Ingrid Struman spécialisée dans l’étude de l’angiogenèse. Mon projet de recherche visait à étudier l’interaction entre les cellules des vaisseaux sanguins et les cellules tumorales dans la cadre du cancer du sein. L'objectif était d’étudier l’échange de microARN entre les cellules endothéliales et tumorales via des microvésicules appelées exosomes. A ce moment, les microARN circulants était un sujet complètement nouveau, ce qui rendait le sujet très excitant mais aussi challengeant. Cela nous a aussi permis de réaliser plusieurs collaborations car nous étions dans les premiers à se lancer dans ce domaine. Nous avons notamment travaillé avec les professeurs Vincent Bours, Guy Jérusalem, Agnès Noël, Marc Thiry et Vincent Castronovo mais aussi avec des équipes internationales en Allemagne et en Espagne. Après ma thèse, j’ai démarré ma carrière “non-académique” en rejoignant le CER groupe (une fondation d'utilité publique et aussi laboratoire de référence) pour un projet en collaboration avec Unisensor. Celui-ci visait à développer des méthodes de détection de contaminants alimentaires (pathogènes et allergènes). J’ai ensuite rejoint une société biopharmaceutique, ASIT biotech, qui développait des traitements d’immunothérapie dans le cadre d’allergies alimentaires et respiratoires. Durant 3 ans, j’y étais responsable du département préclinique. Nous étions en charge, avec mon équipe, de tester les produits candidats dans des modèles in vitro et in vivo afin de sélectionner les meilleurs produits pour démarrer les essais cliniques. J’ai ensuite rejoint Imcyse.

Ton travail actuel est-il dans la continuité de ce que tu as fait au GIGA ?

Pas du tout, même si mon bagage scientifique est clairement d’une grande utilité dans mon quotidien, mon travail actuel est très différent de la réalité d’un laboratoire académique. Les considérations d’un laboratoire universitaire ou d’une biotech sont bien sûr très différentes et chacun ont leurs avantages et inconvénients dans leur approche. Je continue toutefois de collaborer avec plusieurs laboratoires académiques et connaître la réalité du terrain aide souvent même si la thématique de recherche est différente.

Qu’aimes-tu particulièrement dans ce que tu fais aujourd'hui ?

Ce que je préfère dans mon travail actuel, c’est sa diversité. Le fait de participer de près ou de loin à toutes les étapes du développement d’un médicament est très enrichissant. On apprend beaucoup et j’ai aussi la chance de travailler et interagir avec de nombreux experts, suivant hautement reconnus dans leur domaine, que ce soit au sein d’Imcyse mais aussi avec les nombreux partenaires avec qui nous collaborons. Au quotidien c’est aussi un challenge car on doit perpétuellement prévoir, anticiper et s’adapter. Un autre élément important pour moi est le sentiment de participer à quelque chose de plus grand et de contribuer à apporter de nouvelles solutions thérapeutiques pour des patients atteints de maladies graves pour lesquelles parfois seuls des traitements symptomatiques existent actuellement. 

En quoi ton expérience au GIGA t’est-elle utile ?

Je pense que la liberté octroyée par Ingrid dans l’orientation de notre projet de doctorat m’a permis de développer un bon esprit critique et d’analyse mais aussi beaucoup d’adaptabilité. A ma connaissance, tous les doctorants passent par des moments difficiles pendant leur thèse et les résultats et l’orientation du projet ne sont pas souvent ce qu’on avait prévu à la base. Pour moi c’est aussi ce qui fait la force et l’intérêt de la recherche académique et beaucoup de grandes découvertes se font d’ailleurs par hasard. Même si mon travail et la thématique ont beaucoup changé par rapport à mon projet de recherche durant mon doctorat, les compétences et la mentalité que l’on y développe restent selon moi des vrais atouts pour le reste de notre carrière, quelle qu’elle soit. 

Quelle est pour toi la principale force du GIGA ?

De mon expérience, la grande force du GIGA c’était la collaboration. Le fait d’avoir accès facilement aux équipements et à l’expertise des autres laboratoires mais aussi des plateformes facilite souvent notre propre recherche. Pour ma part, cela s’accompagnait aussi d’un fort esprit d’échanges entre les groupes de recherche et aussi entre les doctorants. Un autre élément plus personnel est la super ambiance présente dans le laboratoire d’Ingrid et aussi la confiance et la liberté qu’elle donne à ses doctorants. Nous formions une super équipe et plusieurs de mes anciens collègues sont devenues de vrais amis que je continue de fréquenter aujourd'hui. 

Comment te vois-tu évoluer dans les prochaines années ? 

J’espère continuer à accompagner mon projet au cours de ses différentes étapes de développement Phase 2, Phase 3 et j’espère jusqu’à l’enregistrement du médicament. Cela permettrait d’apporter une nouvelle option thérapeutique pour les patients diabétiques de type 1 qui comptent encore majoritairement sur l’insuline pour contrôler leur pathologie.

 

Vous avez aimé cette interview? Retrouvez un nouveau portrait un vendredi sur 2 ! Je vous donne donc rendez-vous vendredi 1er avril pour le portrait #14 !
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modifié le 17/03/2022

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