Life after GIGA #16 Julie Crèvecoeur

Avril 2022


Julie Crèvecoeur travaille aujourd'hui au sein d'un centre de sénologie. Si l'idée de rejoindre ce cabinet familial ne lui était pas apparue comme une évidence au début de son parcours, elle est désormais très attachée à ce travail diversifié auprès des patientes atteintes d'un cancer du sein. Avant cela, Julie a effectué sa thèse au GIGA dans le laboratoire de Virologie sous la direction de Jacques Piette avant d'intégrer le laboratoire de Neuropathologie au CHU, puis la biothèque hospitalo-universitaire. C'est en travaillant à la biothèque, en se familiarisant aux recherches cliniques et en participant à des études sur le cancer du sein qu'elle a eu envie de se consacrer pleinement à cette thématique au sein du centre familial.

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Life after GIGA", une nouvelle série que vous retrouverez un vendredi sur 2 sur notre page facebook ou notre compte instagram. Le but de ces portraits est de prendre des nouvelles des "anciens" mais aussi de montrer la diversité des parcours après un passage au GIGA. Vous pourrez lire l'interview de personnes travaillant désormais à l'étranger (de manière temporaire ou définitive), de personnes travaillant dans d'autres universités ou dans le privé. Aujourd'hui, nous allons à la rencontre de Julie Crèvecoeur, qui travaille aujourd'hui au sein d'un cabinet de sénologie. Merci Julie d'avoir accepté de témoigner de ton parcours !

Salut Julie, peux-tu te présenter et nous expliquer ta fonction actuelle ?

Je travaille depuis presque 10 ans dans le Centre de Sénologie Drs Crèvecoeur. C'est un centre spécialisé dans le diagnostic et la prise en charge du cancer du sein. Mes responsabilités au sein du centre sont diverses et variées. Je m'occupe de la gestion administrative du centre comprenant la gestion financière, le personnel, l'équipe médicale et la prise en charge des patientes pour leur parcours de soins. J'assiste d'une part les radiologues dans les procédures interventionnelles et d'autre part la généticienne en tant que conseillère en génétique pour les consultations. Je m'occupe également des études cliniques et de la communication scientifique. 

Quel a été ton parcours jusque là ?

Après avoir réalisé une licence en Biologie à l'Université de Liège, j'ai intégré le laboratoire de Virologie fondamentale du Professeur Jacques Piette pour réaliser une thèse de doctorat. J'ai toujours eu un attrait pour les sciences et lors de mon choix concernant les études que je désirais poursuivre à la fin de ma rhétorique, j'ai beaucoup hésité entre vétérinaire, la médecine ou la biologie. Mon choix s'est porté sur la biologie, ces études offrant de nombreuses possibilités. Durant ma dernière année en biologie, j'ai eu la chance de réaliser mon mémoire en morphologie des vertébrés sous la tutelle des Pr Pierre Vandewalle et Eric Parmentier. Nous sommes partis en mission en Polynésie française pour étudier le Carapidae (poisson parasite de l'holothurie). Cette mission a été extraordinaire scientifiquement et humainement parlant mais elle m'a également permis de me rendre compte de la difficulté des missions scientifiques et du financement de celles-ci. A mon retour et une fois mon mémoire passé, j'ai désiré continuer dans la recherche scientifique et j'ai donc postulé pour un doctorat au sein du laboratoire de Virologie. Ces quatre années de doctorat ont été extrêmement riches en rencontres scientifiques, en partage, en apprentissages, une aventure humaine faite de joies, rires et quelques coups durs lorsque les manips de fonctionnent pas comme on le veut. En milieu de parcours, le laboratoire a intégré le GIGA et c'est là que les choses se sont accéléreés d'un point de vue scientifique et expérimental, nous donnant ainsi accès à toute une communauté scientifique. C'est également à ce moment là que je valide la première hypothèse de mon projet sur la protéine Hsp90 et le stress oxydant via une première publication. Grâce au GIGA, je crée de nombreuses relations professionnelles qui me permettront de valider la suite de mon projet expérimental in vivo. Je me forme à la réalisation de la technique MCAO (occlusion de l'artère cérébrale moyenne) chez la souris, la technique permettant d'engendrer une ischémie cérébrale. Une fois mon doctorat en poche et un bébé dans la foulée, j'intègre le laboratoire de Neuropathologie au CHU de Liège du Pr Manuel Deprez pour la réalisation d'un post-doctorat. Le projet de recherche s'axe sur les patients épileptiques résistants au Keppra. Nous travaillons en étroite collaboration avec le GIGA-Neurosciences et l'entreprise UCB pharma. Pendant ces quelques années, je me forme à la neuropathologie et à la microscopie électronique des nerfs et des muscles. Puis j'intègre la biothèque hospitalo-universitaire de Liège me permettant ainsi d'approcher le monde des études cliniques et d'aider les chercheurs dans leur parcours scientifique. 

Tu travailles donc dans un centre de sénologie, est-ce que ton travail actuel est quand même dans la continuité de ce que tu as fait au GIGA ?

L'idée de rejoindre le Centre de Sénologie qui est notre entreprise familiale dans laquelle j'ai travaillé comme étudiante pendant de nombreuses années, ne m'avait pas paru au départ comme un but en soi. Mais ma dernière année au GIGA et à la biothèque m'a permis de participer de plus en plus à des recherches axées sur le cancer du sein. Cela m'a donné l'envie de poursuivre mon parcours professionnel dans cette thématique. Le Centre de Sénologie m'offrait la possibilité d'être dans le vif du sujet et d'aborder le contact avec les patients que je n'avais pas pu avoir lorsque l'on fait de la recherche fondamentale. De plus, la recherche engendrait parfois un sentiment de frustration lorsqu'un projet ne pouvait aboutir pour diverses raisons. 

Qu’aimes-tu le plus dans ce que tu fais aujourd'hui ?

Ce que j'apprécie le plus aujourd'hui dans ma fonction c'est la relation patient/soignant et la prise en charge de ceux-ci. Les études cliniques et les consultations d'oncogénétique me permettent de m'investir à fond dans ce rôle. Lorsque nous avons fait l'acquisition d'un système innovant de biopsie sous stéréotaxie en 3D, j'ai eu la chance de me former à cette technique me permettant de pouvoir faire de l'interventionnel. Cela m'a permis d'accroitre cet investissement auprès de nos patientes. Travailler dans une entreprise privée et familiale est un vrai défi, offrant la possibilité de réaliser de nombreux projets rapidement. On aurait pu croire que travailler avec ses parents pouvaient être source de conflits mais dans notre cas cela a été bénéfique que ce soit pour les patients, pour notre équipe médicale ou notre famille. 

En quoi ton expérience au GIGA t’est-elle utile ?

Mon expérience au GIGA m'a permis d'acquérir de nombreuses compétences scientifiques et la notion qu'à plusieurs nous pouvons avancer de manière constructive dans nos projets. Une thèse de doctorat, c'est comme les montagnes russes. Vous passez par des moments enrichissants, stimulants, gratifiants à des moments de doutes ou un stress intense. Dans notre laboratoire, nous étions une vraie équipe sur laquelle on pouvait toujours compter. Toujours prêts pour fêter une bonne nouvelle (un western blot, un EMSA, un CHIP qui fonctionne, un mariage, un bébé) et en cas de coup de blues des collègues qui deviennent des amis pour vous aider à remonter la pente et à trouver de nouvelles idées ou hypothèses. Il y a également tout l'apprentissage que nous acquérons au fur et à mesure des années avec la rédaction d'article, de posters, de communications qui est importante dans notre métier.

Que gardes-tu comme points positifs du GIGA ?

Le GIGA permet un échange entre un grand nombre de chercheurs et un partage des expériences et de l'expertise de chacun, une vrai richesse intellectuelle et humaine. Plusieurs rencontres professionnelles m'ont particulièrement marquées pendant mon parcours au GIGA, créant des souvenirs inoubliables. Le GIGA permet de construire un vrai réseau professionnel. J'ai toujours de nombreux contacts avec les scientifiques, médecins, techniciens et autres que j'ai côtoyés. Nous étions un peu sur la réserve avant d'intégrer le GIGA ne sachant pas quel impact cela aurait dans notre vie professionnelle. Mais nous avons très vite vu le potentiel et les avantages que le GIGA allait nous apporter.

Comment te vois-tu évoluer dans les prochaines années ?

J'espère sincèrement pouvoir assurer la continuité du Centre de Sénologie. Cela fait 33 ans que notre cabinet existe et je suis très attachée à nos patientes et à poursuivre cette magnifique aventure professionnelle. L'équipe médicale s'est agrandie au fur et à mesure des années permettant une prise en charge complète (du diagnostic au traitement) des patientes atteintes d'un cancer du sein. Les dernières avancées scientifiques en terme de génétique avec l'arrivée des nouveaux tests permettant la prédiction de risque de développer un cancer du sein ou l'intelligence artificielle me donnent également l'envie de poursuivre dans ce domaine. 

 

Vous avez aimé cette interview? Retrouvez un nouveau portrait un vendredi sur 2 ! Je vous donne donc rendez-vous vendredi 13 mai pour le portrait #17 !
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modifié le 27/04/2022

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