Life after GIGA #19 Gilles Rademaker
Juin 2022
Aujourd'hui, nous allons à la rencontre de Gilles Rademaker, post-doc dans le laboratoire du Dr Rushika Perera à l’université California de San Francisco. Lors de sa dernière année d'études en pharmacie, Gilles se dirige vers la recherche. Il rejoint alors le Laboratoire de Recherche sur les Métastases, sous la supervision d'Olivier Peulen, et étudie le rôle de la myoferline pour sa thèse de doctorat. A San Francisco, il continue de travailler sur cette protéine exprimée dans plusieurs cancers dont celui du pancréas dans l'espoir de revenir ensuite en Belgique poursuivre une carrière académique avec comme cheval de bataille le cancer du pancréas.
Life after GIGA", une série que vous retrouvez un vendredi sur 2 sur notre page facebook ou notre compte instagram. Le but de ces portraits est de prendre des nouvelles des "anciens" mais aussi de montrer la diversité des parcours après un passage au GIGA. Vous pourrez lire l'interview de personnes travaillant désormais à l'étranger (de manière temporaire ou définitive), de personnes travaillant dans d'autres universités ou dans le privé. Aujourd'hui, c'est au tour de Gilles Rademaker de nous parler de son quotidien en Californie, après son parcours au GIGA. Merci Gilles d'avoir accepté notre interview !
Salut Gilles, peux-tu te présenter et nous dire ce que tu fais actuellement ?
Je m’appelle Gilles Rademaker, j’ai 28 ans, je proviens d’un petit village près de Herve en province de Liège. Je suis actuellement post-doctorant dans le laboratoire du Dr Rushika Perera à l’université California San Francisco aux États Unis. La recherche dans le laboratoire se focalise sur le cancer du pancréas avec un intérêt particulier sur le lysosome : un organelle très important dans ce type de cancer où l’autophagie est exacerbée. Nous nous intéressons particulièrement au contenu de ces lysosome, ce qui nous permet de mieux comprendre le comportement des cellules. Dans ce contexte, ma recherche se focalise sur le métabolisme et l’hétérogénéité du cancer du pancréas.
Quel a été ton parcours avant de partir aux USA ?
J’ai effectué l'entièreté de mes études de pharmacies à l’Université de Liège. Durant ma dernière année de master, je me suis plutôt dirigé vers la recherche en choisissant la finalité approfondie ainsi qu’un stage à l’étranger dans un laboratoire de biologie clinique en Italie dans lequel j’ai validé en routine un procédé de dosage de stéroïdes par spectrométrie de masse.
J’ai ensuite débuté ma carrière professionnelle par un doctorat au sein du laboratoire du Professeur Castronovo sous la supervision du Professeur Olivier Peulen. Lors de ma thèse, j’ai étudié le rôle de la myoferline, une protéine surexprimée dans différents cancers dont le côlon et le pancréas. En parallèle j’ai également été assistant du professeur Castronovo. Après avoir obtenu une bourse de la Belgian American Education Foundation (B.A.E.F.), j'ai eu l’opportunité de poursuivre ma carrière académique en tant que post-doctorant à l’UCSF (University of California San Francisco).
Tu y poursuis les recherches que tu faisais au GIGA ?
Tout à fait, mon choix pour l’UCSF ne s’est pas fait par hasard : le laboratoire travaillait également sur la myoferline. A mon arrivée, j’ai tout de suite été jeté dans le bain en apportant mon expertise sur cette protéine pour le « reviewing » de l’article d’un de mes collègues, ce qui a assuré ma transition dans ce nouveau laboratoire. Je me suis ensuite orienté vers l’hétérogénéité métabolique des tumeurs pancréatiques, un domaine auquel je m’étais déjà intéressé durant ma thèse : comprendre comment les cellules cancéreuses produisent et consomment l’énergie dont elles ont besoin pour proliférer si rapidement.
Qu'aimes tu le plus dans ce que tu fais ?
Travailler dans la recherche c’est éviter la routine. Tous les jours, je dois mettre au point de nouvelles techniques, de nouveaux procédés pour conduire mon projet à bien. J’ai également une liberté importante vis-à-vis du projet scientifique que je veux produire ici tout en étant guidé par mon mentor Rushika Perera. Je collabore également sur différents projets avec différentes universités américaines (UC Berkeley, MD Anderson,Texas) ce qui me permet de m’ouvrir à d’autres formes de recherches et de rencontrer d’autres scientifiques. J’ai également accès à de nombreux types de formations pour continuer à produire une recherche à la pointe.
En quoi la vie en Californie est-elle différente de la Belgique ?
La vie est bien entendu différente aux US par rapport à la Belgique. Je suis venu avec ma compagne qui est aussi post-doc à l’UCSF mais je suis loin de ma famille et des amis. J’en profite pour me focaliser d’autant plus sur mon travail ici. ll faut savoir que la culture du travail est différente de celle de l’Europe : les horaires sont plus conséquents et plus flexibles, il m’arrive très souvent de travailler en soirée et le week-end. Cependant, je gère mon horaire comme je l’entends, ce qui permet de profiter du soleil californien et de visiter les Etats Unis et ses parcs nationaux.
San Francisco est une ville très cosmopolite qui m’a permis de rencontrer des personnes de tous horizons et ce, via les différents réseaux de post-doc présents dans la baie. De nombreux expatriés y sont présents, créer des liens y est donc très facile.
En quoi ton expérience au GIGA a-t-elle été bénéfique?
En sortant de mes études de pharmacie, mon bagage scientifique biomédical était assez réduit : je n’avais presque jamais manipulé de pipettes, ni même mis des cellules en culture! Mon passage au GIGA m’a permis de me familiariser avec le monde de la recherche et d’apprendre énormément de techniques, de la biologie moléculaire jusqu’à la culture cellulaire. Le GIGA possède de très bonnes plateformes (microscope, FACS, viral vectors) ce qui m’a permis de travailler sur du matériel de qualité et donc de produire une recherche qualitative. J’ai également été suivi de près et très bien encadré par mon promoteur, Olivier Peulen : j’ai réussi à produire quatre publications sur la myoferline sur la durée de mon doctorat. Nous sommes également bien entrainés à présenter nos résultats durant divers séminaires et mini-symposium. Toutes les compétences que j’ai acquises grâce à cet encadrement m’ont permis de passer à l’étape suivante de ma carrière académique dans l’excellent centre qu’est l’UCSF.
Quels sont pour toi les points forts du GIGA ?
Un grand soutien entre les membres, un esprit de groupe très important grâce notamment à une présentation de nos résultats régulièrement durant une audience réceptive et prête à l’écoute et à l’aide. J’ai également apprécié le « menthorship » que j’ai reçu durant mes quatre ans de doctorat.
Comme je l’ai mentionné, le GIGA possède des plateformes très qualitatives ce qui permet aux chercheurs de travailler sur du matériel de haute qualité et d’une manière encadrée. L’environnement pluridisciplinaire du GIGA nous permet également de collaborer avec d’autres laboratoires et de se poser les bonnes questions vis-à-vis de notre recherche.
Comme te vois-tu évoluer durant les prochaines années ?
Je prévois encore de rester un à deux ans aux États Unis pour finir mon projet et le publier. Ensuite, j’aimerais revenir en Belgique pour y continuer ma carrière académique avec comme cheval de bataille le cancer du pancréas. Ce cancer est encore trop peu étudié alors qu’il sera la deuxième cause de mort par cancer d’ici dix ans !
Vous avez aimé cette interview? Retrouvez un nouveau portrait un vendredi sur 2 ! Je vous donne donc rendez-vous le vendredi 24 juin pour le portrait #20, qui sera le dernier de cette première saison !
Vous êtes aussi passé par le GIGA et vous aimeriez témoigner dans la "saison" 2 qui commencera en septembre ? Contactez-moi !
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LIENS POUR CHAQUE EPISODE
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Episode #2 : Juliette Godin
Episode #3 : Nicolas Gillet
Episode #4 : Adeline Deward
Episode #5 : Maximiliano Figueroa
Episode #6 : Mélanie Mestdagt
Episode #7 : David Bergemann
Episode #8 : Bernadette Marcq
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Episode #10 : Emily Gengoux
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Episode #18 : Clarissa Hilzendeger
