Life after GIGA #22 Laurence Borgs
Sept 2022
Laurence Borgs vient tout juste de rejoindre l'équipe Welbio comme Business Development Manager. Son but aujourd'hui est d'accompagner les chercheurs durant leur parcours Welbio et de valoriser leurs découvertes vers des applications industrielles dans le domaine des biotechs et de la santé. Son parcours au GIGA avait débuté par une thèse de doctorat dans le laboratoire de Neurobiologie du Pr Moonen, suivi par 6 années de post-doctorat dans l'équipe de Brigitte Malgrange et Laurent Nguyen. Intéressée par les applications concrètes, elle quitte le milieu académique et rejoint ImmuneHealth et ensuite Diagenode pour qui elle est responsable des ventes internationales avant de rejoindre l'équipe Welbio. Un parcours qui se construit avec l'innovation en fil conducteur, le moteur de Laurence.
Life after GIGA", une série que vous retrouvez un vendredi sur 2 sur notre page facebook ou notre compte instagram. Le but de ces portraits est de prendre des nouvelles des "anciens" mais aussi de montrer la diversité des parcours après un passage au GIGA. Vous pourrez lire l'interview de personnes travaillant désormais à l'étranger (de manière temporaire ou définitive), de personnes travaillant dans d'autres universités ou dans le privé. Aujourd'hui, c'est au tour de Laurence Borgs de nous parler de son parcours professionnel. Merci Laurence d'avoir accepté notre interview !
Salut Laurence, peux-tu te présenter et nous dire ce que tu fais actuellement ?
J’ai récemment rejoint WELBIO en tant que de Business Development Manager. WELBIO soutient la recherche fondamentale stratégique d’excellence dans les sciences de la vie et la santé en finançant des équipes de recherches académiques de la Fédération Wallonie – Bruxelles dont les projets ont été rigoureusement sélectionnés. Sous la tutelle de la directrice Vinciane Gaussin et en partenariat avec les interfaces universitaires, nous accompagnons les chercheurs durant leur programme WELBIO et nous les aidons à traduire et valoriser leurs découvertes vers des applications industrielles dans tous les champs de la biotechnologie et la santé. C’est donc pour moi, en quelque sorte, un retour aux fondamentaux des sciences de la vie en milieu académique, mais par une autre porte que chercheuse par laquelle j’en suis sortie et en y apportant mon bagage biotech et mon expertise industrielle.
Quel a été ton parcours jusque là ?
J’ai réalisé mon cursus en faculté des Sciences - Biologie et réalisé mon mémoire de Master en faculté de Sciences Biomédicales et Pharmaceutiques au sein du laboratoire de neurobiologie du Professeur Gustave Moonen. Je suis ensuite restée dans le laboratoire où j’ai poursuivi ma thèse de doctorat qui visait à étudier l’implication des gènes qui contrôlent nos rythmes circadiens et en particulier Period2, sur le processus de génération de nouveaux neurones dans le cerveau adulte (ce n’est pas un mythe, nous continuons de produire tous les jours de nouveaux neurones :-)).
J’ai ensuite réalisé un post-doc au sein du laboratoire des deux brillants Investigateurs Principaux, la Dr Brigitte Malgrange et le Dr Laurent Nguyen, un partenariat Public-Privé entre l’Université de Liège et la firme pharmaceutique UCB Pharma. J’ai eu l’occasion d’implémenter une technologie innovante et inédite en Belgique, de culture de cellules souches humaines « reprogrammées » (le chercheur japonais qui a développé cette technologie venait d’obtenir le prix Nobel). Ces cellules souches étaient produites directement à partir de prélèvements de peau de patients souffrants de pathologies neurodégénératives comme la maladie de Parkinson, la chorée de Huntington ou la sclérose latérale amyotrophique. Ce partenariat mené de concert avec UCB Pharma, a permis d’utiliser ce model inédit pour étudier les effets les plus précoces de ces pathologies, quand les cellules souches deviennent de jeunes neurones. Il a également permis à UCB Pharma de disposer d’un modèle expérimental humain au plus proche de la réalité pour tester une série de molécules pharmaceutiques, candidats éligibles pour ralentir, stopper et peut être avec espoir, soigner ces pathologies neurodégénératives.
Après 6 belles années de post-doc, comme pas mal de mes collègues je me suis demandé si je continuais dans cette voie académique ou si je me laissais appeler par le monde extérieur. Ayant vraiment apprécié travailler en partenariat avec UCB Pharma et stimulée par leur développement d’applications concrètes, j’ai décidé de pousser la porte du monde des biotechs et medtechs et j’ai rejoint une spin-off de l’Université de Bruxelles, ImmuneHealth où j’ai endossé une double casquette de business développer et projet manager. Mon rôle était d’accompagner les PMEs dans l’élaboration d’études cliniques pour les aider à intégrer les bons échantillons biologiques pour traduire et tester leurs hypothèses scientifiques.
J’ai ensuite rejoint Diagenode/Hologic, société bien connue dans le giron liégeois spécialisée dans le développement d’outils innovants pour détecter les modifications invisibles dans notre ADN dites « Epigénétiques », impliquées dans de nombreux processus biologiques et pathologiques comme certains cancers. Sous le leadership exaltant du CEO Didier Allaer, j’ai durant 6 ans été responsable des ventes internationales dans plus d’une trentaine de pays partout dans le monde. Mon quotidien était galvanisé par le dynamisme des collaborations internationales que j’ai pu lier et du déploiement du réseau de partenaires de ventes, de la fierté de représenter des solutions innovantes pour faire avancer la recherche sur des thématiques variées (tant en recherche fondamentale qu’en recherche appliquée), de l’expertise acquise dans des domaines liés à la vente et au marketing et des nombreux voyages que j’ai eu la chance de faire. Tout cela entourée d’une super équipe de collègues 😊.
J’ai donc finalement eu l’opportunité durant mon parcours professionnel d’évoluer tant dans l’environnement GIGA de la recherche académique que dans l’univers des biotechs et medtechs. Après le succès du développement et la pérennisation du réseau de ventes internationales chez Diagenode/Hologic, je combine maintenant ma double expertise, industrielle et académique, dans ma mission de valorisation chez WELBIO.
Ton travail actuel est-il dans la continuité de ce que tu as fait au GIGA ?
Pour faire court (après une si longue description) : OUI, c’est une continuité en fil rouge 😉 autour de l’axe « innovation » qui ne m’a jamais quitté depuis mes débuts au GIGA.
Qu'aimes tu le plus dans ce que tu fais ?
Le dynamisme lié au suivi des programmes WELBIO : ça décoiffe 😉 tant par l’excellence de la qualité scientifique des programmes, la diversité des thématiques, des nombreuses rencontres et collaborations enrichissantes, que par l’optimisme qui s’en dégage en termes d’impact pour la santé et de son potentiel de valorisation.
C’est très motivant de pouvoir graviter dans un domaine tourné vers l’avenir, et repoussant sans cesse les limites de nos connaissances.
En quoi ton expérience au GIGA a-t-elle été bénéfique?
Indéniablement, l’expérience « doctorat et post-doctorat » m’a forgée et au fil des années, utile tant professionnellement que personnellement. La recherche implique une adaptation aux paramètres imprévisibles qui arborent quotidiennement notre chemin. L’aboutissement d’un projet n’est pas un long fleuve tranquille et l’échec fait partie de ce voyage. Mais les essais/erreurs font finalement toujours avancer. On s’adapte chaque jour un peu plus facilement, fort de son expérience en sautant au-dessus des pierres qui jalonnent la route. C’est là que réside la beauté du voyage !
Le GIGA est une expérience d’ouverture, sur d’autres thématiques pour faire avancer les siennes, de collaborations pour aller plus loin et plus vite. Un enseignement simple mais quand le temps est compté pour publier, trouver des fonds, faire perdurer ses recherches, ou compter sur l’aide de ses collègues pour revenir bichonner ses cellules le weekend et les jours fériés, ce sont des fondements de collaboration essentiels à appliquer.
Que gardes-tu comme souvenirs du GIGA ?
Que des bons ! (et pas que des légendaires soirées GIGA 😊).
Les Investigateurs Principaux sont devenus collègues, les collègues sont devenus amis, les amis font toujours partie de ma vie, les années de «labeurs» sont devenues des années d’«expériences» : 10 années riches, tant professionnellement que PERsonnellement !
NDLR : le PER en majuscule est un petit clin d'œil à l'équipe du GIGA Neurosciences et aux anciens anciens collègues (et amis) qui ont bien connu Laurence et entendu un bon nombre de fois parler du gène PER ;-)
Comme te vois-tu évoluer durant les prochaines années ?
Je l’espère aussi dynamiquement que ces 18 précédentes années professionnelles ! Je vais tenter de suivre le même fil rouge « innovation » et me réjouir de l’inconnu qui réservera son lot de belles surprises et rencontres !
Vous avez aimé cette interview? Retrouvez un nouveau portrait un vendredi sur 2 ! Je vous donne donc rendez-vous le vendredi 7 octobre pour le portrait #23 !
Vous êtes aussi passé par le GIGA et vous aimeriez témoigner dans la "saison" 2 qui commencera en septembre ? Contactez-moi !
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LIENS POUR CHAQUE EPISODE
Episode #1 : Xavier Rambout
Episode #2 : Juliette Godin
Episode #3 : Nicolas Gillet
Episode #4 : Adeline Deward
Episode #5 : Maximiliano Figueroa
Episode #6 : Mélanie Mestdagt
Episode #7 : David Bergemann
Episode #8 : Bernadette Marcq
Episode #9 : Sébastien Bontems
Episode #10 : Emily Gengoux
Episode #11 : Nicolas Caron
Episode #12 : Marie Toussaint
Episode #13 : Nicolas Bovy
Episode #14 : Sarah Wannez
Episode #15 : Victor Tchemtchoua Tateu
Episode #16 : Julie Crèvecoeur
Episode #17 : Jonathan Cimino
Episode #18 : Clarissa Hilzendeger
Episode #19 : Gilles Rademaker
Episode #20 : Oriane Carnet
Episode #21 : Georgios Antonopoulos
