Grégory Ehx décroche un mandat de chercheur qualifié du FNRS à l'ULiège



Grégory Ehx, Docteur en Sciences et chercheur au sein du groupe de recherche GIGA-I3  - Infection Immunity and Inflammation - (GIGA / Faculté de Médecine) de l’Université de Liège, obtient un mandat de chercheur qualifié du FNRS (Fonds National pour la Recherche Scientifique) pour continuer ses recherches dans les domaines de l’immunologie et de l’hématologie.  

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régory Ehx concentre ses recherches sur la leucémie myéloïde aigüe (LMA), une forme agressive de cancer du sang menant au décès de la moitié des jeunes patients et de la plupart des patients âgés. A l’heure actuelle cette leucémie est traitée principalement avec des chimiothérapies. Si une majorité des patients répondent bien au traitement et entrent en rémission, une grande partie  d’entre eux rechutent, avec des cellules cancéreuses devenues résistantes au traitement précédent. Il faut donc trouver un autre moyen de combattre le cancer. Une de voies possibles est de promouvoir l’éradication des cellules cancéreuses par le système immunitaire, une nouvelle option thérapeutique pour soigner la LMA.

« Dans mon projet de recherche, je souhaite éliminer les cellules ayant survécu à la première chimiothérapie, puisque ce sont elles qui sont responsables de la rechute. Au cours de mes travaux précédents, je me suis intéressé aux fragments de protéines (peptides) qui sont présentés par les molécules du complexe majeur d’histocompatibilité des cellules de LMA. J’ai mis au point une technique permettant de découvrir les peptides spécifiquement présentés par les cellules leucémiques et qu’on pourrait en théorie cibler avec un vaccin qui éduquerais les cellules immunitaires à éliminer les cellules cancéreuses. » Au vu du succès des vaccins à ARN messager utilisés pendant la pandémie de la COVID-19, un tel vaccin pour la LMA présenterait une belle amélioration pour les patients atteint de LMA.

« Cependant, je me suis également rendu compte que les cellules qui survivent à la chimiothérapie sont très différentes de celles présentes au diagnostic, reprend Gégory Ehx. Elles reprogramment l’expression de leurs gènes, et cette reprogrammation peut affecter les peptides qu’elles présentent. Nous devons donc étudier en détail les peptides des cellules résistantes aux chimiothérapies pour trouver la cible vaccinale parfaite. » A l’aide d’un programme informatique qu’il a créé, le chercheur va pouvoir identifier quels peptides dérivent des processus biologiques qui permettent spécifiquement aux cellules de LMA de survivre aux chimiothérapies. « Ce seront ces peptides que nous cibleront avec notre vaccin. Ainsi, nous allons retourner la chimiorésistance contre les cellules leucémiques. »

Il reste un dernier obstacle à surmonter. Il est en effet bien connu que les cellules cancéreuses sont capables de se défendre contre les cellules immunitaires. « Elles font cela en exprimant des protéines qui désactivent les cellules immunitaires, leur permettant de s’échapper. Nous devons donc identifier et désactiver ces protéines pour maximiser les effets de notre vaccin. » De cette manière, les chercheurs souhaitent ne laisser aucune chance aux cellules cancéreuses et d’empêcher la rechute. « Le grand avantage est que notre vaccin ciblera les mécanismes de résistance aux chimiothérapies. Puisque ces mécanismes sont communs à d’autres cancers, il se pourrait que notre vaccin permette de soigner d’autres cancers également, comme le cancer du côlon, du poumon ou du sein. »

L’obtention du poste de chercheur qualifié du FNRS va lui permettre d’obtenir les moyens nécessaires à l’exécution de son programme de recherche ambitieux.

A propos de Grégory Ehx

Originaire de Liège, Grégory Ehx a effectué un Master en Biochimie et Biologie Moléculaire et Cellulaire à l’Université de Liège. Il a ensuite réalisé un doctorat au service d’hématologie du GIGA (GIGA-I3 / ULiège) au cours duquel il a travaillé sur les greffes de cellules souches hématopoïétiques. Au cours de son doctorat, il a pu identifier plusieurs stratégies thérapeutiques permettant de réduire la sévérité de la maladie du greffon contre l’hôte (GVHD), une complication majeure de ces greffes. Après son doctorat, Grégory Ehx est parti au Canada pour un effectuer un post-doctorat de trois ans au sein du laboratoire de Claude Perreault à l’Institut de Recherche en Immunologie et en Cancérologie (IRIC). C’est là-bas qu’il se découvre une passion pour la bioinformatique et commence à développer des outils visant à concevoir des vaccins contre le cancer. De retour au GIGA, il créé son équipe au sein du Laboratoire d’hématologie de l’Unité de recherches GIGA-I3 pour tenter de comprendre comment les cellules de LMA interagissent avec les cellules immunitaires et pour développer de nouvelles immunothérapies contre ce cancer.

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