Prix

Tine D'Aes, lauréate d'une bourse l'Oreal-UNESCO for Women in Science



Tine D’Aes, doctorante au laboratoire de Neurobiologie du Développement (GIGA-Stem Cells) de Brigitte Malgrange est une des 3 lauréates de la prestigieuse bourse belge l’Oreal-UNESCO for Women in Science, attribuée par le FNRS et le FWO pour son projet de thèse portant sur le rôle des protéines du cycle cellulaire dans la mort neuronale après un AVC ischémique.

L

es accidents vasculaires cérébraux (perturbation de la circulation sanguine dans le cerveau, entraînant principalement une mort neuronale) constituent la deuxième cause de mortalité dans le monde et l’une des principales causes d’invalidité chez l’adulte. En dépit de son impact sociétal et personnel considérable, il existe un manque flagrant d'options de traitements.

La grande majorité des AVC (au moins 85%) sont ischémiques, ce qui signifie qu'ils sont causés par le blocage d'un vaisseau sanguin vers le cerveau, généralement par un caillot sanguin. L’administration d’un médicament thrombolytique pour dissoudre le caillot sanguin est actuellement le seul traitement pharmacologique disponible pour les accidents ischémiques cérébraux, mais elle comporte des risques importants et ne peut être appliquée que chez une minorité de patients. Il n’existe actuellement aucune approche thérapeutique utilisée en clinique pour protéger les cellules du cerveau contre les dommages causés par l’ischémie ou pour aider au rétablissement après un AVC.

Pour remédier à cela, nous avons besoin de mieux comprendre comment les cellules meurent après un AVC. L'ischémie cérébrale déclenche une cascade de voies pathologiques au cœur de l'infarctus qui aboutissent à une mort neuronale presque immédiate. La «pénombre» entourant le noyau ischémique est une région où le flux sanguin cérébral collatéral favorise une perfusion limitée. Les neurones de la pénombre souffrent d'une ischémie moins intense et subissent une mort neuronale quelques heures ou quelques jours après un AVC. Cette perte neuronale retardée représente donc une fenêtre thérapeutique pour les stratégies neuroprotectrices visant à stabiliser les cellules viables mais fonctionnellement compromises.

L'objectif du projet est de mieux comprendre les mécanismes moléculaires impliqués dans la mort retardée des neurones dans la pénombre. Plus spécifiquement, le projet porte sur le rôle que peuvent jouer les protéines du cycle cellulaire. Les kinases dépendantes des cyclines (Cdks) sont une grande famille de protéines qui régulent la progression du cycle cellulaire dans les cellules en division. Fait intéressant, il a été démontré que les Cdks sont ré-exprimés dans les neurones post-mitotiques après un AVC ischémique et que leur activation joue un rôle crucial dans la mort neuronale. Les mécanismes impliqués ne sont toutefois pas encore compris avec précision.

Ce projet vise à mieux comprendre comment les Cdk sont activées après un AVC ischémique et comment cela conduit à la mort neuronale. En outre, elle vise à déterminer si l'inhibition de l'activation des Cdks peut constituer une cible thérapeutique appropriée pour la neuroprotection lors d'un accident vasculaire cérébral.

Tine D’Aes

Tine 

Tine D’Aes est titulaire d’un master en psychologie clinique de la Vrije Universiteit Brussel et d’un Master en Neurosciences de l’Université d’Anvers. Elle a rejoint l'école doctorale GIGA fin 2018 où elle est doctorante au laboratoire de Neurobiologie du Développement de Brigitte Malgrange. Depuis le 1er Octobre 2019, elle bénéficie d’un mandat d’aspirant du FNRS.

A propos du prix

Les Bourses belges L’Oréal-UNESCO For Women in Science, attribuées sous les auspices du Fond de la Recherche Scientifique (F.R.S.-FNRS) et le Fonds voor Wetenschappelijk Onderzoek (FWO) constituent le volet national du programme L’Oréal-UNESCO For Women in Science. Créées en 2007, les bourses belges récompensent – tous les deux ans – trois jeunes femmes pour l’excellence de leurs travaux, leur courage et leur engagement dans le domaine de la recherche scientifique dans le domaine des Sciences du Vivant.

Il y a 150 ans naissait Marie Curie. Femme scientifique précurseur, elle a ouvert la voie à tant d’autres, dont sa fille, Irène Joliot-Curie. A elles deux, elles ont reçu 3 des 18 Prix Nobel scientifiques attribués à des femmes depuis leur création en 1901. Aujourd’hui, seulement 28% des chercheurs sont des femmes. C’est pourquoi, depuis 19 ans, la Fondation L’Oréal s’engage, aux côtés de l’UNESCO, pour faire croître la part des femmes dans la recherche scientifique. En remettant des prix et des bourses, la Fondation L’Oréal et l’UNESCO récompensent et accompagnent la carrière des femmes scientifiques les plus brillantes et les plus prometteuses.

Depuis 2001, 2.820 femmes scientifiques d’exception reconnues dans 115 pays ont été soutenues par la Fondation L’Oréal et l’UNESCO. Parmi celles-ci, 97 lauréates ont été récompensées pour l’excellence de leurs travaux scientifiques, dont deux ont été couronnées du Prix Nobel scientifique. Mais ce sont aussi, dans 45 pays à travers le monde, plus de 2700 jeunes femmes prometteuses qui feront la science de demain qui sont accompagnées à un moment charnière de leur carrière, lors de leur thèse ou post-doctorat.

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