Arnaud Blomme obtient un mandat de chercheur qualifié du FNRS à L’ULiège



Arnaud Blomme, Docteur en sciences biomédicales et chercheur sein du laboratoire GIGA Stem Cells  (GIGA/ Faculté de Médecine) de l’Université de Liège, obtient un mandat de chercheur qualifié du FNRS (Fonds National pour la Recherche Scientifique) pour continuer ses recherches qui visent à identifier et caractériser les mécanismes moléculaires qui soutiennent la reprogrammation métabolique des cellules cancéreuses, dans le but long terme de proposer de nouvelles solutions thérapeutiques personnalisées.

A

u cours des dernières décennies, l’identification d’altérations génétiques responsables de la formation de nombreux types de tumeurs a permis d’étoffer significativement l’arsenal de traitements anticancéreux disponibles et de développer des solutions thérapeutiques toujours plus personnalisées, améliorant ainsi sensiblement le pronostic vital de nombreux patients. Cependant, il est maintenant clairement établi que les processus de développement tumoral et de résistance thérapeutique ne dépendent pas uniquement de facteurs génétiques, mais impliquent également la mise en place par les cellules cancéreuses d’autres processus biologiques leur permettant de s’adapter constamment à leur environnement. Parmi ces processus non-génétiques, la capacité des cellules cancéreuses à reprogrammer leur métabolisme en fonction de leur environnement apparaît comme un élément clé qui contribue aussi bien à l’apparition de mécanismes de résistance aux thérapies qu’à la dissémination de métastases, rendant ces tumeurs primaires plus agressives et difficiles à traiter. En effet, au cours du processus de progression tumorale, les cellules cancéreuses sont soumises à de nombreux stress, qu’ils soient d’ordre physique (prolifération cellulaire incontrôlée, résistance aux traitements anticancéreux), environnemental (formation de métastases et colonisation de nouveaux organes) ou métabolique (disponibilité limitée en nutriments essentiels et oxygène). Par conséquent, les cellules cancéreuses sont contraintes de s’adapter continuellement à des situations défavorables à leur croissance.

« Mon projet de recherche vise à identifier et caractériser les mécanismes moléculaires qui soutiennent la reprogrammation métabolique des cellules cancéreuses et ce, dans le but de mettre en évidence des vulnérabilités métaboliques exploitables d’un point de vue thérapeutique. En particulier, je cherche à définir l’impact d’une augmentation de la synthèse protéique, un autre processus fortement perturbé au cours du développement tumoral, sur le maintien du métabolisme tumoral dans le contexte du cancer du poumon. » Pour se faire, Arnaud Blomme a concentré ses efforts sur deux aspects qu’il estime essentiels à la bonne réalisation de ce projet : d’une part le développement de modèles précliniques innovants, qui assurent une meilleure modélisation et donc une meilleure compréhension de la maladie ; d’autre part l’utilisation d’approches non-biaisées, rendues possibles par le développement de technologies de pointe, qui permettent de disséquer les mécanismes moléculaires qui sous-tendent l’apparition et la progression des cancers. « Pour ce dernier point, j’ai la chance de pouvoir bénéficier du soutien d’un réseau d’experts internationaux qui, au travers de nombreuses collaborations scientifiques, permettront d’assurer le succès de ce projet ambitieux. »

En combinant approches non biaisées, modèles précliniques innovants et validation sur des biopsies de patients, l’équipe de chercheurs du Laboratoire au sein du quel évolue Arnaud Blomme a déjà pu démontrer que certaines cellules très agressives de cancer du poumon dépendaient fortement de certains nutriments, par exemple certains types de graisse, pour produire leur énergie et se multiplier. « De façon intéressante, nous avons également observé que cette reprogrammation métabolique venait avec un coût élevé pour la cellule et générait des « dépendances nutritionnelles » que nous pouvions exploiter comme solution anticancéreuse, nous permettant ainsi de réduire significativement la progression des tumeurs. » A terme, le projet développé par Arnaud Blomme souhaite aider à la mise en évidence de nouvelles vulnérabilités métaboliques spécifiques des tumeurs pulmonaires et d’identifier de nouvelles cibles thérapeutiques. « Ce qui, je l’espère, permettra de contribuer au développement de nouvelles thérapies anticancéreuses. »

A propos d’Arnaud Blomme

Titulaire d’un Master en Biochimie, Biologie Moléculaire et Cellulaire de Faculté des Sciences de l’Université de Liège, Arnaud Blomme a effectué son doctorat en Sciences Biomédicales et Pharmaceutiques au sein du Centre de recherches GIGA cancer de la faculté de Médecine de l’ULiège. Après la défense de sa thèse, dont le sujet portait sur l’identification et la caractérisation de nouveaux biomarqueurs accessibles dans le cancer du sein, Arnaud Blomme quitte la Belgique en direction de l’Ecosse pour y  effectuer un séjour postdoctoral au sein du CRUK Beatson Institute for Cancer Research de Glasgow. Il revient à l’Université de Liège en 2020 et intègre le GIGA Stem Cells grâce à l’obtention d’une bourses de recherche Marie Curie Individual Fellowship afin d’étudier le métabolisme des cellules cancéreuses dans le cancer du poumon.

Contact

Arnaud Blomme

© Photo : ULiège - B.Bouckaert

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